Je me suis faite avoir, je me suis faite prendre dans la mécanique infernale, dans cet horrible broyeur a déchet que son sourire dissimulait. C'est humiliant, ça me ronge toute entière et me pourrie l'existence.
"Je lui pardonnerais volontiers son orgueil si il n'avait pas blessé le mien"
C'est un dialogue de sourd dans ma tête, je combat chaque espoir d'un amour partagé, je l'écrase, le brule, le déchiquète. Mais l'espoir revient et bat comme un nerf dans la paupière. Aussi quand je me réveille le sourire rêveur parce qu'il a hanté ma nuit, je l'efface rapidement car si il persiste trop longtemps je suis certaine que le soir venu je décortiquerait la journée à la recherche du moindre détail pouvant m'apporter une preuve qui n'existe pas. Autant chercher une aiguille dans une botte de foin conclurais-je. Mon corps serait ensuite secoué de sanglots et ma nuit envahie de cauchemars mélancoliques et pathétiques. Je me donne des ordres pour me protégé des ces nuit là.
"Baisse la tête quand tu marches", "Ne ri pas à ses blagues comme une idiote","Ne rougie pas sans cesse imbécile"...
Mais rien n'y fait, les jours s'enchainent, perles de larmes sur un collier de solitude et d'attente. Et pour toute celle qui se répète qu'un jour leur prince viendra j'ai le malheur de dire qu'un jour peut-être le mien aussi. Pour l'instant j'ai trouvé un moyen de ne pas trop déprimé:
Se lever à 10h30 un samedi matin,mettre un pull en laine difforme, s'assurer que l'on est seule, faire un thé, mettre la radio sur la fréquence de France Musique, prendre un chat sur ses genoux et se laisser bercer par musique classique en regardant le chat ronronner.
Raphaëlle, 8 novembre 2009.